Monnaies du Portugal

Histoire monétaire du Portugal

Des réis du Royaume aux escudos de la République et à l’euro, le catalogue retrace les principales étapes de la monnaie portugaise. Les tableaux rassemblent les émissions en or, argent et métaux communs.

Histoire monétaire du Portugal

Real historique

Le real d’argent, d’une valeur de 10 soldos, fut introduit en 1380 par Ferdinand Ier. Son nom vient du latin nummus regalis, monnaie du roi, et se rattachait déjà à la tradition ibérique du real castillan.

Sous Jean Ier fut introduit le real branco, destiné à devenir l’unité de compte du royaume. Le real preto, en cuivre et de valeur inférieure, circulait également. À l’époque moderne, le real devint la base du système monétaire portugais et de son empire.

Du XVIe au XIXe siècle furent émises des monnaies en cuivre, argent et or, en différents multiples et fractions de réis. Après la décimalisation de 1837, le système resta fondé sur les réis jusqu’à leur remplacement par l’escudo en 1911.

Le real portugais constitue ainsi une étape essentielle pour comprendre la monnaie du Portugal et la diffusion ultérieure du real dans le monde lusophone, notamment au Brésil.

Première République

La proclamation de la République portugaise le 5 octobre 1910 renversa la monarchie constitutionnelle de Manuel II et de la dynastie de Bragance, ouvrant une profonde transformation politique et économique. La refonte complète du système monétaire national figurait parmi les réformes urgentes et symboliques du gouvernement provisoire de Teófilo Braga.

Le décret du 22 mai 1911 abolit officiellement le real portugais, en vigueur depuis le règne de Ferdinand Ier en 1380, mais fortement déprécié et compté en milliers d’unités (mil-réis et contos de réis). Il fut remplacé par l’escudo portugais, dont le symbole $ est appelé cifrão, au taux de 1 escudo = 1 000 réis (1 mil-réis).

L’escudo fut divisé en 100 centavos (1 centavo = 10 réis), alignant le Portugal sur le système décimal moderne déjà adopté par la plupart des pays européens. La plus petite fraction prévue était le demi-centavo (5 réis).

La nouvelle monnaie rompit avec la tradition monarchique : les portraits des souverains furent remplacés par le buste féminin de la République coiffée du bonnet phrygien, modelé par Simões de Almeida, par la figure de la Liberté et par les armes nationales républicaines dans une sphère armillaire.

Le célèbre 1 escudo de 1914 commémorant la République se distingue : argent à 835‰, 25 g et 37 mm, avec la Liberté tenant une torche et le bouclier national. Des séries d’argent de 10, 20 et 50 centavos et de 1 escudo furent aussi frappées (1915–1916), ainsi que des fractions en bronze (1 et 2 centavos) et en cupronickel (4 centavos). L’entrée du Portugal dans la Première Guerre mondiale en 1916 entraîna une grave crise inflationniste : les monnaies d’argent furent thésaurisées et retirées, puis remplacées dans les années 1920 par des émissions de nécessité en maillechort et bronze d’aluminium (50 centavos et 1 escudo, 1924–1926), jusqu’à la crise institutionnelle de 1926.

Estado Novo

Le coup d’État militaire du 28 mai 1926 mit fin à l’instabilité de la Première République. En 1928, la nomination d’António de Oliveira Salazar aux Finances, avec des pouvoirs budgétaires extraordinaires, puis la Constitution corporatiste de l’Estado Novo de 1933 ouvrirent une longue période de stabilité fiscale, d’assainissement de la dette et de centralisation monétaire.

La réorganisation monétaire accompagna la consolidation du régime autoritaire. Il faut distinguer la dictature militaire commencée en 1926 de l’Estado Novo proprement dit, fondé sur la Constitution de 1933. Les émissions du catalogue couvrent ces deux phases.

La série courante à la caravelle comprend les 2,50 et 5 escudos en argent à 650‰ et les 10 escudos en argent à 835‰ (1932–1948), puis à 680‰ (1954–1955). Les 20 escudos sont commémoratifs et ne font pas partie de la série courante à la caravelle. Les fractions emploient des métaux communs selon le type et l’année ; les 50 centavos de 1969–1979 sont en bronze.

À partir de 1968, l’Estado Novo émit des 50 escudos en argent commémorant les navigateurs et l’histoire nationale : Pedro Álvares Cabral en 1968, Vasco de Gama en 1969, le cinquantenaire du Banco de Portugal en 1971 et le quatrième centenaire des Lusiades de Camões en 1972. Ces frappes restent recherchées par les collectionneurs modernes.

Troisième République

Le 25 avril 1974, la Révolution des Œillets, menée par le Mouvement des forces armées (MFA), renversa pacifiquement la dictature de l’Estado Novo. Elle ouvrit la voie à la démocratie pluraliste, à la décolonisation de l’Angola, du Mozambique, de la Guinée-Bissau, du Cap-Vert et de São Tomé-et-Príncipe, et à la Troisième République portugaise.

La fin du régime autoritaire et la perte de l’empire colonial imposèrent une refonte de l’iconographie monétaire. Les symboles nationalistes et impériaux furent progressivement remplacés par des dessins modernes, simples et géométriques, centrés sur les sciences nautiques (astrolabe, boussole et rose des vents), la flore et la faune locales et les grandes figures de la culture portugaise.

La forte inflation des années 1970 et 1980 ôta leur pouvoir d’achat aux fractions en centavos, rapidement retirées. La circulation se concentra sur les valeurs plus élevées en laiton au nickel et cupronickel : 1, 2$50, 5, 20, 25 et 50 escudos.

En 1989 et 1991, l’Imprensa Nacional-Casa da Moeda de Lisbonne introduisit avec succès deux monnaies bimétalliques : les 100 escudos, avec un anneau en cupronickel et un centre en bronze d’aluminium, et les 200 escudos, avec un anneau en bronze d’aluminium et un centre en cupronickel, célébrant la navigation atlantique et les explorations colombiennes.

L’adhésion du Portugal à la Communauté économique européenne en 1986 et la ratification du traité de Maastricht permirent son entrée dans la première vague de l’union monétaire. Le 1er janvier 1999, le taux de l’escudo fut fixé irrévocablement à 1 EUR = 200,482 PTE. Les pièces et billets en euros entrèrent en circulation le 1er janvier 2002 ; le 28 février 2002, l’escudo cessa d’avoir cours légal après plus de 90 ans.

Parcours du catalogue

Le catalogue est organisé en Royaume, République et euro. Les séries courantes et les commémoratives de la République disposent de pages dédiées.

Pour approfondir les monnaies portugaises, consultez les sections consacrées au real portugais et à l’escudo portugais.

Le catalogue comprend les émissions courantes et commémoratives destinées à la circulation et documentées dans les sources. Les essais et émissions réservées aux collectionneurs sont exclus. La comparaison des séries anciennes et des contremarques se poursuit.

Les commémoratives en argent de la Troisième République sont distinguées des versions proof réservées aux coffrets de collection. Sources officielles : émissions de 1976 et émissions océanographiques de 1997.